Ma femme Naima Boutiba El Ati El Materi

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Naima Boutiba El Ati (née le 12 janvier 1952). Elle dérive d’une famille bourgeoise et tunisoise de descendance turque. Habitant la banlieue nord de Tunis, la Marsa, elle a fait toutes ses études au lycée français de la Marsa.

 C’est en juin 1973, une semaine après ma libération, que la sœur de Hamadi Guiza et sa nièce Naima sont venues me rendre visite à Gammarth et par la même occasion, elles m’avaient remis un courrier de la part de mon compagnon de cellule et ancien Camarade de Saint-Cyr.

 Nos relations amicales ne durèrent pas, un contrat de mariage vint sceller notre union en 1975. Naïma était jeune, mignonne, toujours souriante et insouciante ; elle avait vingt et un ans et se comportait comme une adolescente. Elle était très agréable avec ses chansons spontanées, sa répartie intelligente, et ses traits d’humour ; et elle avait beaucoup d’admiration pour moi, elle trouvait en moi l’homme protecteur et énigmatique. Son père, Si Bachir Boutiba, issu d’une famille turque implantée au Souk El Balghajia depuis des siècles, était fonctionnaire à la municipalité. Il était sévère et respectueux des principes de l’islam, ce qui a facilité un mariage rapide, sans ambages ni conditions. Sa mère, Kmar, fille unique d’un richissime Algérien kabyle, Abdelkader Ben Saïd, était la demi-sœur de Hamadi Ben Guiza, d’où la parenté par alliance avec le capitaine Ben Guiza. Lella Kmar était connue pour sa générosité, sa beauté et son sacrifice pour l’éducation de ses enfants.

 Naïma était la fille gâtée de la famille, mais très enviée. Ancienne élève de Cailloux, elle avait une mesure d’avance sur son entourage. En se mariant, elle est entrée dans un autre système familial et politique, qu’elle a su gérer avec le temps et l’expérience. Elle éleva nos enfants dans une ambiance traditionnelle, islamique, pour en faire des universitaires modèles. Selon la tradition ancestrale, l’aînée prit le nom de sa grand-mère, Beya, issue des Ben Cheik Ahmed, des Riahi et des Skander (De mon union avec Naima naquirent quatre enfants : Beya née en mai 1976, Hafiz né en juin 1977, Holya née en septembre 1979 et le dernier Sakhr né en décembre 1981.). Naïma s’est installée avec moi chez mes parents dans la maison familiale de Montfleury, que mon père m’avait léguée en insistant pour que ma mère, plus jeune que lui de vingt ans, puisse y demeurer jusqu’à la fin de ses jours.

 Mère au foyer, Naima s’est consacrée à l’éducation de nos enfants. J’avoue qu’elle m’a donné entière satisfaction.